NON, LE DIEU DE NIETZSCHE N’EST PAS MORT !

Non, le Dieu de Nietzsche n’est pas « mort », mais après avoir été relégué à l’autre bout des galaxies, le voilà de retour par ces « fous de Dieu » qui, à force de meurtres suicidaires, prétendent Le ramener à l’Homme… et l’Homme à Lui.

Quel meilleur moyen que le crime (sacré) pour persuader les peuples que Dieu existe encore et se préoccupe d’eux ?

Mais par la violence même de leurs actes aveugles, ces « fous de Dieu » font la preuve que l’Humanité est à jamais orpheline : aussi bien de père que de maîtres à penser, face au gouffre de sa véritable condition. Alors, que reste-t-il du sens ? Que reste-t-il de la longue marche de l’Humanité vers d’illusoires certitudes ?

Aujourd’hui le Verbe a été remplacé par ce mystérieux langage binaire qui anime l’Ordre Nouveau imposé par ces machines-à-penser-pour-nous que sont nos ordinateurs. Sans le savoir lucidement, puisque nous ne l’avons pas encore « verbalisé », nous sommes en train de quitter ces temps d’obéissance obligée d’une sorte de théâtre d’ombre d’un monde (dont Aldous Huxley se demandait s’il n’était pas l’enfer d’un autre monde) fait de véritables tortures, de véritable sang versé et de génocides, pour affirmer, contre toute pensée intelligente, le fantasme d’une Vérité théologique insaisissable !

Alors ne nous étonnons pas, qu’en réponse à la logique de nos récentes machines-à-penser-pour-nous, il soit naturel qu’en un ultime sursaut régressif les « fous de Dieu » réaniment par leur violence le spectre du Dieu perdu des monothéiste… jusqu’à agiter dangereusement « les masses » en d’ultimes tueries. Oui, ce Dieu méchant et solitaire, plein d’intolérance, de haine jamais assouvie, dont Nietzsche prétendait naïvement nous en avoir débarrassé ! Que de sang versé en vain pour l’apaiser ! Que de sang va être encore versé au nom de ce grand Rien innommable, en fuite depuis ce premier instant que par défaut (empruntant le langage de Walt Disney) nos physiciens ont nommé le Big Bang ?

Nous avançons à l’intérieur de La Question sans réponse, espérant échapper à ceux des Réponses, tout en songeant (à défaut des joyeux dieux grecs) à l’ironie des Lumières.

Sauf que ceux que l’on nomme les Lumières, oui ces hommes d’un autre temps, croyaient encore, disons trouer par leurs écrits l’obscurité fondamentale dont le Monde est constitué depuis l’époque de l’intolérant Moïse (qui, au retour de sa prétendue aparté avec Dieu, furieux de voir son peuple retomber dans l’adoration des vaches sacrées égyptienne, fit exterminer trois mille cinq cents des siens par les Lévites… d’autres écrits avancent même vingt trois mille massacrés ! (Exode, chapitre 32, versets 27, 28)

Alors, en ce monde enfermé dans l’inexplicable, ce monde qui avait mis un moment ses espoirs dans le communisme trompeur, ce monde qu’aucune philosophie n’a pu réveiller, que pouvons-nous en espérer, si ce ne sont les aléatoires certitudes de la foi : seule illusion qui nous reste, capable d’aider les hommes à vivre et à mourir ?

Voilà pourquoi le Dieu de Nietzsche n’est pas mort… et ne mourra jamais !

Hélas !

Serge Rezvani