ROMANS, RECITS ET OEUVRES AUTOBIOGRAPHIQUES

Les Années-lumière

Paris, Flammarion,‎ 1967 (réimpr. 1972 (Éd. le Livre de poche), 1986 (Éd. Seuil, Collection « Points »)), 445 p.

Rezvani raconte dans ce livre l'errance de sa jeunesse, ses allées et venues entre sa mère, les orphelinats, son pathétique père diseur de bonne aventure, et la solitude de chambres sordides.

Les Années Lula

Paris, Flammarion,‎ 1968 (réimpr. 1973 (Éd. le Livre de poche), 1987 (Éd. Seuil, Collection « Points »)), 420 p.

Ce second roman forme un diptyque indissociable du premier, où l'errance initiale est entièrement mise en relief par l'assurance que la femme procure.

Les Américanoïaques

Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1972 (collection « 10-18 »), 2000 (Éd. de la Mauvaise graine)), 137 p. (ISBN 2-9514990-4-3, [%5Bhttp://soundcloud.com/romainblanchard/les-am-ricano-aques-rezvani%5D présentation en ligne])

Comme son nom l’indique, l’œuvre est profondément américanophobe. Cependant, elle doit être comprise dans son contexte, la guerre du Viêt Nam (en 2000, Serge Rezvani indique qu’il n’écrirait plus un tel pamphlet).

Coma

Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1975 (collection « 10-18 »)), 157 p.

« Ce matin 52 quadrillet de l’an 2008 personne n’aurait pu prévoir que le soir même, la terre compterait sept milliards d’habitants en moins. » 

La Voie de l'Amérique

Paris, C. Bourgois,‎ 1970 (réimpr. 1973 (coll. « 10-18 »)), 483 p.

Il serait facile de faire la petite bouche et de repousser avec un geste de dégoût ce flot de lave, boue, semence, cette hémorragie de mots que, Rezvani déverse sur nos têtes, toutes vannes ouvertes, pour évacuer sa rage, son mépris, son humeur noire, sa nostalgie, son rire énorme de désespoir. Les délicats feront mieux de s'abstenir: ils ne retiendraient que la bouffonnerie triviale et l'obscénité. On ne peut nier qu'elles y soient. On ne peut nier non plus que Rezvani nous apporte le cauchemar épique le plus extravagant et le plus burlesque qu'on puisse lire sur l'homme dans le monde moderne.
Jacqueline Piattier, Le Monde

Mille aujourd'hui

Paris, Stock,‎ 1972 (réimpr. 1976 (éd. le Livre de poche)), 453 p.

Mille aujourd'hui constitue la synthèse d'un univers cohérent où l'humour corrosif le dispute à la tendresse et à la lucidité. Rezvani y brosse une grande fresque qui met en scène au gré d'une imagination délirante, avec verve et humour mêlés de poésie, tous les aspects de la vie d'aujourd'hui : vie domestique et intimité sentimentale, scènes politiques mondiales et villageoises, action des promoteurs, coulisses de l'édition, etc.
On y retrouve, sous des pseudonymes aussi savoureux que transparents, les acteurs de cette actualité qui envahit la vie quotidienne de chacun de nous.

Feu

Paris, Stock,‎ 1973 (réimpr. 1978 (éd. le Livre de poche)), 344 p. (ISBN 2-234-00639-2)

 

Ce Feu qui ravage un été les collines des Maures et reflue vers la mer, est bien le héros du roman de Rezvani. C'est lui qui révèle une Provence aux plages barbelées et aux forêts à l'abandon. C'est lui qui, lève littéralement tous les personnages du récit, comme autant d'animaux affolés qui fuient le cataclysme. Il les décape jusqu'à ces zones obscures de la conscience que peu de romanciers, en France, s'étaient risqués à mettre au jour avec autant d'intrépidité. Je veux dire avec autant de rigueur et d'abandon. Armel ou La Daube, les paysans, Maria et ses compagnons paumés d'une communauté en déroute, Vivie et Chris qui vivent une sorte d'amour sublime et éphémère, le vieux Tchaïski vau...

Fokouli

Paris, Stock,‎ 1974, 425 p. (ISBN 2-234-00166-8)

Rezvani raconte l'Iran du temps de son père le magicien, sinon du temps de son grand-père (un personnage assez mystérieux, chef d'une bande de nomades ? sans précision de lieu car remontant à des époques où l'écrit était rare) tout en parlant également de l'Iran du shah (Pahlavi) et des opposants à la monarchie. Rezvani dénonce des exécutions ainsi que la torture, épinglant le service de renseignement d'alors, la Savak (devenue ensuite Vevak après 1979). Il parle d'une centaine de grévistes de la faim à la "Cité universitaire" donc à Paris, après 1963. Donc par moments le propos est très politique, proche de celui d'un activiste, mais quand on écrit cela on n'a pas tout dit sur ce livre pour autant.

Chansons silencieuses

Paris, Union générale d'éditions, coll. « 10-18 »,‎ 1975, 188 p.

(ISBN 2-264-01172-6)

 

Recueil des textes de ses chansons

Le Portrait ovale

Paris, Gallimard,‎ 1976, 174 p. (ISBN 2-07-029392-0)

 

Rezvani s'est consacré pendant vingt ans à la peinture qui l'a laissé insatisfait jusqu'au jour où il a trouvé dans l'écriture une délivrance. Accompagnant ses tourments de peintre et son bonheur d'écrivain, l'amour d'une femme – Lula, sa complice, son modèle et sa première lectrice – lui permet d'équilibrer ses deux obsessions de créateur. 
Le Portrait ovale d'Edgar Poe éclaire et illustre sa démarche dans cet essai poétique où il est parvenu à noter scrupuleusement mais passionnément sa production d'homme mûr.

Le Canard du doute

Paris, Stock,‎ 1979 (réimpr. 1980 (Éd. Rombaldi), 1988 (coll. « 10-18 »)), 279 p. (ISBN 2-234-01000-4)

" Le roman est composé d'autant de chapitres que de récits apparemment séparés et cependan coïncidant comme dans un jeu de dominos. Les héros se touchent, se croisent, parfois même sans le savoir mais le lecteur les reconnaîtra ... "

Le voyage d'hiver

Hachette, coll. « Saisons »,‎ 1979, In-12 agrafé (tirage unique à 1000 exemplaires n° hors commerce sur vergé)

 

Recueil de 4 nouvelles écrites par Serge Rezvani, Jacques Chessex, Jean Freustié et Georges Perec consacrées aux saisons (rééd. Éditions du Seuil, collection Librairie du XXe siècle, 1993 puis 2009).

 

Divagation sentimentale dans les Maures

Paris, Hachette,‎ 1979 (réimpr. 2001 (dessins de Serge Rezvani, éd. Actes sud)), 113 p. (ISBN 2-85108-228-0)

photographies de Hans Silvester

 

Dans ce livre illustré de dessins inédits, Rezvani rend hommage à l’ancienne civilisation forestière (chasseurs et charbonniers, exploitants du liège et des châtaigniers, paysans cultivant les restanques) qui a façonné les somptueux paysages du massif des Maures où lui-même s’est établi il y a près de quarante ans. Au fil d’une suite de "promenades" il en évoque des aspects méconnus et souligne les menaces dont elle est l’objet...

La Table d'asphalte, récits

Paris, Ramsay, coll. « Domaine romanesque »,‎ 1980, 238 p. (ISBN 2-85956-136-6)

Le Testament amoureux

Paris, Stock,‎ 1981 (réimpr. 1984 (éd. Seuil, coll. « Points »)), 547 p. (ISBN 2-234-01499-9)

" Ce Chant d'amour pour une femme a bouleversé plus d'un d'entre nous et en bouleversera d'autres " Alain Jouffroy " Cette symphonie du monde ancrée solidement dans notre temps (avec ses malheurs, ses massacres, ses folies destructrices) donne le même poignant plaisir que de redécouvrir un quatuor e Beethoven dont on connaissait parfaitement l'existence mais que, d'un coup, on entend vraiment. " Gérard-Humbert Goury.

La Loi humaine

Paris, Seuil,‎ 1983, 292 p. (ISBN 2-02-006544-4)

Pendant les journées confuses de la libération, une rapide succession d'événements porte,e drame dans une vieille famille de la bourgeoisie du midi de la France.

Variations sur les jours et les nuits, journal

Paris, Seuil,‎ 1985, 399 p. (ISBN 2-02-008601-8)

 

Je ne savais pendant cette année d'écriture, si ce journal serait un jour publie mais je l'ai écrit pour qu'il soit lu. L'expérience me mettait en état de curiosité. C'est cette curiosité que j’aimerais avoir réussi à transmettre. Que reste-t-il de la vie qui passe au jour le jour - pas de la mémoire qui, elle, constamment, remet en perspective, comme si, à mesure qu'on s'éloigne du moment vécu, les différents plans du paysage glissaient les uns par rapport aux autres -, mais du moment d'écriture, du choix quasiment inconscient qui se fait à travers l'écriture? Que va-t-il s'écrire aujourd'hui?
Venise, peinte par petites touches, aimée dans sa décrépitude; le vallon du Midi que le feu a ravagé mais qui reprend ses allures de paradis précaire, menacé par le béton; les amis célèbres ou inconnus; les lectures; enfin et surtout l'amour avec Danièle sont les thèmes principaux de ce livre. Mais l'essentiel c'est, bien sûr, la sensibilité de Rezvani, sa capacité d'émerveillement et de souffrance. De notation en notation, il nous donne à sentir le grain du quotidien, l'écoulement voluptueux de la vie, les passages à l'angoisse, les retours au bonheur: ce journal serait la suite du Testament amoureux.

La nuit transfigurée

Paris, Seuil,‎ 1986 (réimpr. 1993 (éd. Gallimard, coll. « Folio »)), 293 p. (ISBN 2-02-009154-2)

 

Sur l'île au milieu du delta, Diamond a construit son palais de cristal. Sa fabuleuse richesse lui permet de collectionner les œuvres d'art aussi bien que les êtres qui possèdent ce qu'il n'aura jamais : l'amour et le don de créer.
Une romancière américaine qu'un accident a privée, en pleine gloire, de l'usage de ses jambes, son compagnon à la beauté fatale, un peintre échappé de Hongrie et sa jeune femme participent du huis clos.
Peut-on, sans saccage, retenir la beauté, attacher à soi ceux qui vous fascinent ? Jusqu'où ceux qui se repaissent de l'art peuvent-ils manœuvrer ceux qui le produisent ?
Sur ce thème qui lui est cher depuis longtemps, Rezvani a écrit un roman ample où les passions se jouent et se croisent dans des scènes fortes comme des visions.

J'avais un ami

Paris, C. Bourgois,‎ 1987 (réimpr. 1991 (collection « 10-18 »)), 152 p. (ISBN 2-267-00511-5)

"La volonté d'aller au bout de soi-même au péril de sa vie, la lucidité implacable, l'expression d'une impossibilité dans la communication humaine dégagent des vérités essentielles sur la vie de l'écrivain, profondément étranger ce qui n'appartient pas à son monde intérieur. Etchart et Rezvani affrontent sans apitoiement sur eux-mêmes leurs destins d'homme : Tout ce qui blesse et abat est accepté et presque désiré dans le silence."

Le 8e fléau

Paris, Julliard,‎ 1989, 169 p. (ISBN 2-260-00636-1)

Phénix

Paris, Gallimard,‎ 1990 (réimpr. 1994 (éd. Actes Sud, coll. « Babel »)), 165 p. (ISBN 2-07-072084-5)

 

Au terme d'une longue méditation, Cham décide d'abandonner la peinture pour l'écriture. Alex, sa femme est la complice de cette métamorphose. Entre leur retraite méridionale et la ville d'Italie où ils aiment s'enfuir, en dépit des sollicitations des marchands et des collectionneurs, ils parcourent dans une grande solitude amoureuse le chemin d'une renaissance. Et ensemble découvrent que l'œuvre que Cham a tenté de détruire par le feu agit à la fois comme miroir et mémoire et, nouveau Phénix, sera la matière même du renouveau.

L'anti-portrait ovale

Paris, Deyrolle,‎ 1991, 64 p. (ISBN 2-908487-10-1)

La traversée des Monts Noirs, en supplément au Rêve de d'Alembert

Paris, Stock,‎ 1992 (réimpr. 1995 éd. le Livre de poche, puis 2011 éd. Les Belles Lettres (collection L’Exception)), 394 p. (ISBN 2-234-02482-X)

 

Les repentirs du peintre

Paris, Stock,‎ 1993, 257 p. (ISBN 2-234-02610-5)

 

Processus, Jannink,‎ 1994, 48 p., 125 × 210 mm (ISBN 2-902462-30-1)

Texte inédit avec œuvre signée. broché, jaquette. 290 exemplaires.

Un train roule à travers les Monts Noirs, en Russie, menant des savants à un congrès d'ornithologie consacré aux migrations, et en particulier à la fuite obstinée des fauvettes en direction d'Israël. Feignant d'ignorer le russe, un mystérieux narrateur français observe l'intrigue amoureuse qui s'est nouée entre une jeune ornithologue juive et un comte polonais issu d'un milieu violemment antisémite. Le retour à l'origine, l'éternel recommencement, la quête du Savoir et du Sens, sont quelques uns des thèmes qui surgissent, à la confrontation de l'univers zoologique et du monde humain, de ce roman fabuleusement vivant et riche. " A coup sûr La Traversée des Monts Noirs est l'ouvrage le plus ambitieux et important de Rezvani, couronnant magistralement un quart de siècle d'écriture. Mais il est aussi l'un des grands livres français de ces dernières années. " Michel Paquot, Art et culture. " Ce long roman-théâtre éblouit par toutes les questions qu'il pose, par sa réflexion sur le plus profond de la conscience humaine. " J.M.G. Le Clézio, Le Monde.

L'énigme

Arles, Actes Sud,‎ 1995 (réimpr. 2003 (coll. « Babel »)), 233 p. (ISBN 2-7427-0588-0)

 

Que s'est-il passé à bord de l'Ouranos, le cabin-cruiser de la famille Knigh, retrouvé dérivant en mer, vide, la coque striée de griffures sanglantes ? Lequel des Knigh, tous écrivains, donc tous rivaux - autant dire tous suspects - a délibérément noyé les autres, avant de s'infliger sans doute le même sort ?
Pour déchiffrer les indices - carnets, brouillons, poèmes - découverts sur le navire, l'Enquêteur du Domaine maritime et son ami le Poète Criminologiste ont fait appel à un spécialiste : le scrupuleux Théseur.
Aussitôt s'engage une enquête diligente mais trompeuse, pleine de rebondissements, de fausses pistes, de coups de théâtre... S'enivrant peu à peu de cette énigme qu'ils redoutent de résoudre tant elle les tient en haleine, les trois enquêteurs explorent les ténébreux secrets de la famille Knigh, les dangereux chemins de la création, l'insondable mystère de mourir... donc d'exister.

Fous d'échecs

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 1997, 270 p. (ISBN 2-7427-1030-2)

 

A la veille d’une partie décisive, le petit monde des joueurs d’échecs est frappé de stupeur : le champion en titre, bouleversé — semble-t-il — par de graves événements, prétend renoncer à la compétition. Préoccupés, l’Entraîneur, le Parapsychologue, le Biochimiste, le Major chargé de la sécurité du champion viennent se confier, dans un discret salon du Grand Hôtel, à un observateur neutre, attentif et bienveillant : l’Ecrivain échiquéen. Ils lui retracent la vie et la carrière du joueur prodige, jusqu’à révéler quel duel terrible s’est engagé, depuis peu, entre deux femmes qui exercent sur le champion la plus souveraine influence : sa Mère — génitrice toute-puissante, redoutable autant qu’admirable de dévouement — et l’obèse Wanda, personnage ludique, véritable ogresse de l’art pour l’art, qui joue et réinvente les échecs sans autre fin que le plaisir…
Une Reine Blanche, une Reine Noire, un subtil échiquier de lois, de manœuvres, de détournements, de conjectures. A ce huis clos bruissant de conversations narratives, Rezvani donne l’ampleur d’un drame dans lequel l’art des échecs libère peu à peu son contenu mythique, son atavisme coercitif et sexiste. En contournant la description de l’affrontement échiquéen, le romancier interroge l’absolu du jeu, explore l’idéologie de la conquête, dans une passionnante symbolisation de la masculinité et de la féminité primordiales.

La cité Potemkine ou Les géométries de Dieu

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 1998, 449 p. (ISBN 2-7427-1846-X)

 

Sur les ruines d’une centrale nucléaire jadis dévastée par la catastrophe, se dresse désormais une cité radieuse. Et pour attester que tout danger est enfin écarté, on a convié là, dans un luxuriant décor de vergers et de fleurs, d’éminents scientifiques du monde entier. Mais le géologue Yeshayahou Fridmann, le biologiste Zef Zimmerstein, l’anatomiste Nini, l’entomologiste Eva Mada-Göttinger et la jeune pédiatre Tania Slansk ne peuvent un instant se dissimuler l’innommable vérité : le processus biologique s’est inversé, certaines espèces désévoluent. On raconte même que seraient tenus captifs, dans les laboratoires secrets de la Cité, entre les mains des brigades médicales du "Docteur Meng" (au surnom de sinistre mémoire) des enfants à l’apparence cyclopéenne, pourvus d’un œil frontal, et dont le corps serait moitié homme, moitié lézard…
Aussitôt s’enflamment l’imagination et l’enthousiasme intellectuel des "experts". Mais comment servir la science, quand l’objet d’études est si scandaleusement dérobé au scalpel de l’intelligence ? Que croire, quand l’information n’est qu’un entrelacs de conversations exaltées ? A qui se fier, quand chaque savant de la commission d’enquête semble hanté par un drame personnel, ou retenu par de troublantes considérations subjectives ?
Ivre de conjectures, voici l’Homo scientificus en son éden empoisonné : un artiste des manipulations génétiques, un démiurge de l’atome, un dissecteur patenté, un génie de la procréation artificielle, un contempteur d’éthique, un rival de Dieu et de ses œuvres, face aux arcanes des géométries divines et aux plus baroques improvisations du vivant.
Avec ces thèmes musicaux que sont nos incertitudes, avec les abominations du siècle et les mirages expérimentaux de demain — mais aussi avec l’humanisme d’un conteur philosophe —, Rezvani a composé un grand roman métaphysique et scientifique qui invite l’homme à "penser" la science, et à trouver peut-être un chemin autre que régressif dans le triomphe de sa ruse et dans la débâcle de ses utopies.
La Cité Potemkine n’est ni un texte millénariste ni un pamphlet antiscientifique. C’est (hélas) un roman dangereusement actuel, animé d’une pensée redoutable.

Un fait divers esthétique

Arles, Actes Sud,‎ 1999, 250 p. (ISBN 2-7427-2162-2)

 

Pour changer de vie, Landor s’est exilé dans une campagne du sud italien. Mais voici que son vieil ami le producteur de cinéma Ellison le retrouve. Il achète le Domaine voisin, une "folie" en ruine. A Silvio, un jeune Italien aux allures de faune, il confie la restauration et l’entretien des lieux. C’en est fini de la tranquillité de Landor. Désormais, d’été en été, on vit au gré des séjours d’Ellison, de son cynisme, des humiliations qu’il inflige à sa compagne Anna, et surtout à Silvio, le jeune faune, si attaché au Domaine qu’après l’incendie et le déclin de celui-ci, il se donnera la mort…
Un fait divers esthétique, c’est d’abord le récit liminaire et objectif de ces événements, dont le narrateur adresse la version écrite aux protagonistes du drame. Et c’est ensuite leurs réponses : trois variations par lesquelles Landor, Ellison et Anna fouillent tour à tour le clair-obscur de leur mémoire, accusant ou se justifiant, réexposant douloureusement les mêmes scènes, soulignant les mêmes épisodes obsédants, construisant peu à peu les perspectives tragiques et baroques d’un fait divers à la beauté changeante, insaisissable et vénéneuse…
Le même narrateur avait consacré jadis une pièce de théâtre — La Glycine — au Domaine et à ses occupants. Quelque quinze ans plus tard, leurs voix se sont épanouies en monologues contradictoires, telles des dépositions à l’audience d’une affaire criminelle. S’y entrecroisent les affinités de l’art et du mensonge, l’ambivalence des liens affectifs, les tentations régressives de l’esthétique, et le triomphe d’un insidieux "mal du siècle" qui peu à peu contamine les protagonistes de ce drame noir, itératif, construit comme Rashomon, le magnifique film de Kurosawa…

L'origine du monde, pour une ultime histoire de l'art à propos du « cas Bergamme »

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2000 (réimpr. 2002 (coll. « Babel »)), 402 p. (ISBN 2-7427-2878-3)

L’origine de l’incendie criminel qui va ravager en 2020 le Grand Musée tient d’abord à la folie de Bergamme, nain cleptomane et iconoclaste. Pour sauver ce qui, selon lui, dans l’Art serait unique, il prétend dérober, retoucher, inachever les plus célèbres tableaux — à commencer par L’Origine du monde devant lequel il vient si souvent faire scandale au Grand Musée…
Mais la responsabilité de la tragédie incombe également à Gerbraun, conservateur en chef, apôtre de la duplication en série des chefs-d’œuvre, qui ouvre à Bergamme les coulisses du prestigieux établissement subitement envahi par une dangereuse ébriété sexuelle.
En peintre et en romancier, Rezvani passe au crible d’une imagination provocante les aspirations les plus élevées et les ridicules les plus achevés de nos pratiques muséeuses, et fait de l’amour de l’Art une passion aussi ambiguë que dangereuse.
 

Le vol du feu

Arles, Actes Sud, coll. « Babel »,‎ 2000, 525 p. (ISBN 2-7427-2550-4)

 

Ce feu qui vole de colline en colline, ravage les Maures et déferle vers le rivage, n’est pas seulement le sujet principal de ce roman : il est en quelque sorte son mouvement même. Dans ses tourbillons, c’est lui qui dé-
busque, embrase, révèle chacun des multiples personnages. Dans sa fureur, c’est lui qui porte jusqu’à l’incandescence les secrets et les haines d’une population hétéroclite — forestiers et chasseurs, vieilles souches pastorales ou nouveaux nomades de la "beat generation". C’est lui enfin qui donne à la phrase de Rezvani sa véhémence, son lyrisme parfois hallucinatoire.
Ce livre au titre prométhéen — qui dans sa première édition s’intitulait Feu — n’étonne pas moins par sa qualité visionnaire. Décrivant par avance le grand incendie qui dévasta les Maures quelque temps après sa parution, Le Vol du feu est aussi une ample et tragique méditation sur les passions, sur l’animalité de l’homme et sur son inextinguible désir du divin.

Le roman d'une maison

 

Arles, Actes Sud, coll. « Archives privées »,‎ 2001, 157 p. (ISBN 2-7427-3314-0)

texte et dessins de l'auteur

 

Si familier qu’il soit des Années Lula, des Années-lumière ou du Testament amoureux, le visiteur qui découvre La Béate, l’ensorcelante maison de Rezvani, ne peut retenir une exclamation de surprise : cela existe donc encore, un endroit pareil ?
Ce livre n’est nullement le traditionnel portrait ou album d’une "maison d’écrivain". Plutôt une invitation à découvrir, à partager l’extraordinaire magie amoureuse qui est au cœur de son œuvre.

L'amour en face, ciné-roman

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2002 (réimpr. 2005 (Éd. J'ai lu)), 251 p. (ISBN 2-7427-3928-9)

 

Acteur et séducteur irrésistible, Denis Denan a parié qu’il lui suffirait de quelques jours pour séduire Alex, la femme du peintre Chamirian, et pour briser la béatitude de ce couple si détestablement fusionnel et exclusif.
Cinquante ans ont passé, au moment où il jette sur le papier cette "confession". Cinquante ans qui lui rendent plus distincts et plus contrastés — comme des images en noir et blanc — les rushes de sa jeunesse altière et prétentieuse.
Roman d’amour, ciné-roman, le nouveau livre de Rezvani fait ressurgir l’époque de rêve du génie hollywoodien, avec ses stars, ses corps de déesses que la lumière sculptait sur l’écran, dans un érotisme exacerbé par les interdits. L’époque, aussi, où Alex et Chamirian vivaient dans une mansarde, et où Denis Denan garait sa Buick devant leur entrée, grimpait fiévreusement les sept étages mais trouvait porte close, puis se précipitait dans l’immeuble d’en face pour tenter de saisir, à la dérobée, comme dans une salle obscure, ne fût-ce qu’un reflet de leur amour.
Variation sur le donjuanisme et sur les liaisons dangereuses, L’Amour en face est dédié aux années "nouvelle vague", à l’insouciance des amants, à la beauté des femmes, aux comédiens et à l’irrésistible présence en nous du cinéma.

L'éclipse

Arles, Actes Sud,‎ 2003 (réimpr. 2007 coll. « Babel »), 174 p. (ISBN 2-7427-4352-9)

 

C'est le 11 août 1999, le jour où l'éclipse solaire a assombri quelques instants la Terre, que Serge Rezvani a appris le nom du mal dont souffrait Lula, sa compagne de toute une vie. Alzheimer avait pénétré « La Béate » leur maison du bonheur nichée au fond des bois. Par une sorte de dérivation par la création, le peintre-romancier décidait alors de coucher par écrit cette longue incarcération, ce lent anéantissement de l'être qu'Alzheimer impose aux malades et à ceux qui les accompagnent. Un témoignage bouleversant et un ultime chant d'amour à Lula.

Venise qui bouge

 

Arles, Actes Sud,‎ 2004, 122 p. (ISBN 2-7427-5333-8)

Texte et collages de l'auteur55.

 

Un "journal" vénitien, illustré de soixante-dix collages, pour détourner les clichés et regarder d'une manière neuve les "lieux communs" de la cité des doges.

Les voluptés de la déveine, nouvelles drolatiques

 

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2004, 144 p. (ISBN 2-7427-4759-1)

Avant de disparaître dans l'incendie criminel qui a ravagé le Grand Musée, l'infortuné commissaire Quevedo a consigné quelques-unes des mésaventures calamiteuses dont lui-même et ses ancêtres furent les victimes – non sans tirer de cette atavique déveine une résignation proche de la volupté.

Le magicien ou L'ultime voyage initiatique

Arles, Actes Sud, coll. « Domaine français »,‎ 2006, 249 p. (ISBN 2-7427-6263-9)

 

Le père de Serge Rezvani était magicien, et le roman est marqué de ses souvenirs d’enfance et de ses interrogations sur cette figure paternelle à la fois lointaine et mystérieuse.

Dans une forteresse tibétaine aux douves inquiétantes, lors d'un congrès mondial de magie, un sceptique est initié par des magiciens et des para-scientifiques aux pouvoirs de la vraie connaissance, au voyage du corps astral et à la réalité de l'anti-Monde.
Le nouveau roman de Rezvani explore les arcanes du merveilleux, du fantastique et du virtuel, pour s'interroger sur l'au-delà et le besoin de croire, reflet de notre désarroi face à l'impensable énigme de l'existence humaine.

 

Au bonheur des sphères

Arles, Actes Sud,‎ 2006, 60 p. (ISBN 2-7427-6551-4)

Lors d'une fête foraine, deux adolescentes, Stella la blonde et Vanina la noire, font l'expérience de l'implacable domination masculine.

Le dresseur

Paris, Le Cherche Midi,‎ 2009, 300 p. (ISBN 978-2-7491-1230-5)

Ginette et Véronique s'installent dans une maison isolée en lisière d'une forêt. Ces deux femmes, dont l'une est handicapée, croient se construire ainsi une nouvelle vie. Très vite, le moindre bruit devient danger et elles cèdent au poison de l'insécurité. Elles décident alors d'acquérir un rottweiller. Incapables de maîtriser le molosse, elles font appel à un dresseur, Arnulfe. Ce dernier, aidé par sa compagne Angine, va bientôt se rendre indispensable et tenir sous sa coupe Ginette et Véronique. Cet homme brutal, frustre et sans scrupule ne dresse pas seulement les bêtes. Il traite les faibles de la même manière et finit par asseoir sa domination en leur passant un collier de chien. Les deux femmes réduites à sa merci, il établira le règne de l'ordre et de la terreur. Serge Rezvani signe ici un roman dur, sans concession, haletant, sur les rapports dominant-dominé. On peut y lire aussi une critique au vitriol de notre société actuelle où la violence, qu'elle soit morale ou physique, régit les rapports humains. De la lecture de ce chef-d'œoeuvre noir, nul ne sortira indemne.

Ultime amour, Les Belles Lettres

coll. « L’Exception »,‎ 2012, 160 p., 21x15cm (ISBN 978-2-251-44430-7)

Ultime écrit autobiographique du poète et romancier.

Vers les confins, Les Belles Lettres

 

coll. « L’Exception »,‎ 2014, 392 p., 21x15cm (ISBN 978-2-251-44484-0)

Une conversation ironique et provocante, entre joute verbale et réflexion poétique, constituant un commentaire du destin humain à partir d'une relecture de la Bible et de ses mythes

Le corps d'Hélène, Les Belles Lettres

2015, 160 p., 21x15cm (ISBN 978-2-251-44538-0)

 

La mémoire est faite d'oubli qu’un rien réanime, se dit l’auteur du Corps d’Hélène, alors qu’il craint de voir sa mémoire décliner, puisqu’il est sur le point d’atteindre l’âge de 88 ans. Par le hasard de deux chansons qu’il compose « sans raison », s’impose à lui son premier amour d’enfance. Un nom de femme est remonté de l’oubli : Hélène Navachine. Curieux de savoir si elle est encore en vie, il cherche sa trace sur internet, et découvre qu’un auteur contemporain (nommons-le X) a utilisé ce nom, accessoirement, dans un de ses romans. Il entre en contact avec lui, lequel l’invite à lui en dire davantage sur cette inconnue, dans le but, précise-t-il : « d’enquêter ensemble » à son sujet. En toute confiance, par une lettre assez détaillée, le vieil homme lui livre alors le « synopsis » de l’histoire d’amour peu banale – et qui remonterait aux années 45-50 – dont fut marquée son adolescence. Brusque et inexplicable silence de X. Comme cet auteur s’est fait la réputation d’alimenter son écriture par des « histoires » ayant eu lieu à l’époque où lui-même n’existait pas encore, le vieil homme se décide aussitôt d’écrire lui-même l’histoire de son premier amour. Récit auquel il se laisse prendre, revivant avec un certain amusement – qui le « remet en jeunesse » - les émotions de ses 17 ans.

Le tourbillon de ma vie - Entretiens avec Michel Martin-Roland,

Écriture, coll. « Entretiens »,‎ 2015, 250 p., 23x14cm (ISBN 978-2-359-05204-6)

 

Peintre, pêcheur en apnée, compositeur de chansons, romancier, Serge Rezvani n'a cessé de surprendre, toujours là où on ne l'attend pas, demeurant un mystère. Au-delà de ses romans autofictionnels, a-t-il vraiment livré son testament « tourbillonnaire » ?

 

Il raconte ici son enfance apatride, ballottée, chahutée, sa jeunesse bohème, ses premiers émois pour la peinture abstraite, et déjà ses rêves de Méditerranée. Sa passion pour Danièle-« Lula », à qui il dédiera sa vie et plusieurs de ses œuvres. Ses rencontres avec Raymond Queneau, Paul Eluard, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jeanne Moreau (pour qui il composera « Le Tourbillon de la vie », chanson culte du film Jules et Jim, et « J’ai la mémoire qui flanche »). Sa vocation nouvelle pour l’écriture, à partir des années 60, les quelque cinquante livres qu’il a publiés...
Mais ce sont les drames, aussi, qui ont composé sa vie : la maladie de Lula, atteinte d’Alzheimer, les derniers jours avec elle, jusqu’à sa disparition, dont il demeure inconsolable.

Pourtant, Serge persévère, plus déterminé à vivre que jamais, prêt à revivre, à survivre. Et toujours, à nous surprendre, là où on ne l’attend pas.